SEXetCOMMERCE

Vie professionnelle et sexuelle d'un agent immobilier dans le Triangle d'Or.

16 juin 2006

LA FIN DE RACE

Une "fin de race" se définit comme un membre raté d'une famille illustre ou brillantissime. Lorsque l'on parle de certaines dynasties familiales, on évoque souvent la première génération qui génère et construit, la seconde génération qui gère et prospère et, la troisième, qui dépense et dégénère. A Neuilly, donc beaucoup de "fins de race", de "ratés de couvée" qui vendent peu à peu le patrimoine familial pour couvrir leur oisiveté crasse, leur vie tiède de larves, leur insupportable mollesse luxueuse (quand des types méritants comme moi doivent se lever pour arnaquer des accédants malgré des nuits entières passées à faire du sexe !)...
J'organise donc une troisième revisite chez une "fin de race" qui, pour entretenir sa piètre existence, a vendu un à un tous les étages de l'Hotel particulier familial. Aujourd'hui, il ne lui reste plus que le rez-de-chaussée et c'est moi qui vais le vendre.
Les candidats à l'accession, une famille de catho proprets avec couvée de trois gosses blonds, viennent donc revisiter le bien pour prendre des mesures et savoir si, défiitivement, ils vont faire une offre.
Ils ont un retard de 10 minutes. Deux coups de sonnette et "fin-de-race" ouvre pour refermer la porte en proclamant que nous attendrons dix minutes sur le palier puisque nous avons dix minutes de retard. Les clients sont stupéfaits, moi aussi. "fin-de-race" démontre en fait ce que je pressentais : il ne veut pas vraiment vendre. Nous attendons malgré tout dix minutes jusqu'à ce qu'il nous ouvre, j'en profite pour le sermonner gentiment sur ce manque flagrant de politesse :
" - Vous ne pouvez pas faire cela, c'est un manque de courtoisie ! Vous êtes irrespectueux !"
- Ah vous le prenez comme ça ? Et bien au revoir !!!"
"Fin-de-race" claque alors la porte, refusant de nous ouvrir. Les clients, passant de la stupéfaction à la colère, décident de quitter le palier de bataille pour aboutir à la résignation suivante :"tant pis nous abandonnons."
Je reste sur les lieux, d'abord béat, puis révolté et enfin haineux : Une batte de baseball m'apparait alors dans mon poignet vengeur, mes trois fidèles compagnons canins, les doberman Mytho, Parano et la très chienne Mégalo apparaissent à mes côtés. Le quorum vengeur est atteint pour infliger la punition.
Je sonne deux coups brefs.
"- Monsieur De Maintenon ?"
La porte s'entrouve. L'occupant n'a même pas le temps d'achever son geste que je force le passage d'un coup d'épaule, puissant et radical.  La troupe hurlante que je mène, s'engouffre alors dans l'appartement pour y semer le chaos.
Je saisis "fin-de-race", étourdi par le choc de l'ouverture, pour commencer par lui asséner une raclée méritée :
" - petite salope, tu m'as fait raté une vente !!! Tu es fière de toi ???
- Arrêtez, je vous en supplie, arrêtez !!!
Et je frappe, je frappe la larve humaine, et les chiens hurlent, hurlent et déchirent son ensemble old style, son pantalon beige qui peu à peu se teinte de taches écarlates... Je laisse les trois chiens continuer leur besogne sur l'humain sanguinolant alors que des voisins arrivent, alertés par le bruit et les hurlements... Je brise meubles anciens et matériels high-tech, ici dans le salon où se prélassait l'oisif occupant, ici dans la cuisine où les reliefs du petit-déjeuner maculaient la table... Je frappe, je brise, je casse, je défonce oeuvrant au nom de ceux qui n'ont rien. Puis j'entends des applaudissements nourris : ils sont une dizaine, les voisins, réunis à encourager l'action expiatoire du triumvirat canin avant de commencer, eux mêmes, à lyncher le corps de celui qu'ils détestaient. Les candidats à l'accession, dont le domicile est assez proche, sont revenus et Monsieur, carabine au bras, pénètre avec ses enfants dans le jardin, pour viser une à une les vitres du bien; les enfants applaudissent les exploits paternels avant de commencer un saccage en règle des parterres de fleurs trop bien entretenus.
Je regarde le groupe achever mon oeuvre dans l'appartement alors que mes chiens disparaissent peu à peu, ... je n'ai plus de batte dans la main. Je quitte les lieux avec le doux et profond sentiment d'avoir fait justice sociale.
Dehors, la caresse du soleil m'invite à l'apaisement et à la quiétude. Je suis bien.

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24 mai 2006

CHIENS ET CHATS

chien1Neuilly-Sur-Seine, avenue Charles de Gaulle, au cinquième étage d'un appartement haussmannien, 10h19.


Une quinqua, genre post-baba négligée, cheveux courts et jaunâtres, au visage rongé par des années de dépression et des décennies d’alcoolisme, m’explique pourquoi elle veut vendre son appartement.

« - Alors vous comprenez, je souhaite vendre à un bon prix pour me trouver un rez-de-jardin dans le quartier…

Son appartement sent la pisse… Il y a plus de chats ici que de sous-diplomés dans une agence immobilière !

- Un rez-de-jardin dans le quartier, c’est important. Pour continuer à m’occuper des animaux en détresse…

Son appartement sens effectivement la pisse de chat ! C’est une infection ! Tout est imprégné par l’odeur d’urine. Et puis, il y a un foutoir innommable…

- En fait, je voudrais rester dans le quartier pour continuer à m’occuper des chats errants, ou habiter l’avenue de Madrid, Villa Houssay ou même St-James…

Comment vendre cet appartement ? Que je commence même par le faire visiter !!! Avec une odeur pareille ??? Ce qu’il faudrait que je fasse ? C’est que je commence par ouvrir les fenêtres pour aérer. Que j’ouvre toutes les fenêtres ! Puis que j’ouvre la porte d’entrée à mes trois dobermans mentaux : Parano, Mégalo et Mytho. Des chiens rendus hystériques par un mois de privation de viande et huit heures passées devant des films de Lelouch. Ils s’engouffrent dans l’appartement en poussant des aboiements rauques. C’est l’apocalypse animale dans l’appart crasseux. Mytho attrape un affreux rouquin par la gorge, Parano poursuit bruyamment deux tigrés miaulant leur stress et, Mégalo, la plus chienne des trois, commence à s’en prendre au mollet variqueux de la vieille qui éructe et hurle !!!

Et moi, moi… je prend une de ces créatures félines, suffisantes et égocentriques, que je tiens par la queue en la faisant tournoyer au-dessus de ma tête, de plus en plus rapidement, à la manière d’un lasso pour la lancer puissamment par la fenêtre !

- J’aime bien la rue de Longpont, elle est très arborée, il y a de jolis immeubles style « art déco –années trente ». J’aime aussi la rue Victor Daix, même si elle commence à être assez loin du métro…

…et puis le taudis puant débarrassé de cette occupation miaulante, mes dobermans disparus, la vieille évanouie, je psalmodie, par la fenêtre grande ouverte sur Neuilly, les bras levés vers le ciel,  une prière aux dieux de la propreté : « St-Marc », « Monsieur Propre », « Woolite » entendez ma prière sanitaire ! Nettoyez cet antre odorant pour que je puisse faire un profit de sa vente."

- Vous avez quelque chose à me proposer ? Vous m’écoutez ?
- Oui madame, je réfléchissais à ce que je pouvais vous proposer. Il y a de nombreux rez-de-jardins dans le quartier St James mais c’est un quartier prisé… Il faut d’abord penser à la commercialisation de votre appartement. Compte tenu de son état, du nécessaire rafraîchissement à y apporter, mais en intégrant le fait que vous êtes à cinq minutes de la ligne 1, dans Neuilly village, que votre appartement se situe à un étage élevé, bénéficiant d’une bonne luminosité, votre appartement peut se vendre à six mille euros du mètre carré

- Pas plus ?

- J’insiste sur le fait qu’un rafraîchissement, voire une rénovation, sont nécessaires…

- Bon je vais réfléchir. Vous m’envoyez ma petite estimation ? »

Cinq minutes plus tard, je suis sur la voie publique, remonté d’apnée. Je respire un air pur débarrassé de la pestilence des déjections félines.
« Sa petite estimation !  Sa petite estimation » !!! ». Dans le commerce lambda, les boutiquiers emploient souvent cet épithète ridicule, comme pour adoucir la formulation : « Je vous fais votre petite note ? «  « Je vous envoie votre petite facture ? » « Vous voulez votre petit reçu ? » : J’abhorre cette formulation épicière d’un autre age !
« Hello XXX !!! Je me retourne et j’aperçois ma surfeuse favorite, Annabelle, passant d’un pas alerte.

- Bonjour ma belle, puis en lui faisant un petit bisou sur les lèvres

Il faudra qu’un jour on mette la langue…

- Tu rêves ! dit-elle en souriant. Tu faisais quoi dans l'immeuble ?

- J’ai fait une estimation chez la mère de Cat woman… »

La compagnie d’Annabelle a apaisé mon « mental doberman ».

Nous marchons côte à côte dans la rue, assez proches. Je sens la peau dénudée de ses bras bien dessinés, contre la fine veste de mon costume.
J’ai envie d’elle, de sa fougue, de son caractère joyeux et festif, de ses jambes et de ses jolies fesses.

Nous marchons côte à côte dans la rue, assez proches. Nous nous regardons et nous sourions.

« - Tu dois être un garçon gentil et tendre.

   -   Oui ! Je suis un vrai sucre d'orge..."

On ne peut rien cacher à l’intuition féminine.

RESPECT  : -15

ALTRUISME : -1

NO SEX : 4 JOURS

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16 mai 2006

ERAZE...

A 18h20, un collaborateur de l'agence me dit : "Mais c'est toi qui écrit sur ce blog, je reconnais ta vie, ta façon de parler, d'écrire, de t'exprimer !!!... tu es un véritable psychopathe !!! Je lis ce que tu écris mais tu es ...tu es fou !!!" 

Devant l'anathème, j'avais peu de choix : lui transpercer la gorge à l'aide d'un coupe-papier pour qu'il se taise, pour qu'il arrête de prononcer des mots accusateurs formant autant de phrases discordantes pour ma légendaire zénitude... puis  le rouer de coups alors qu'il se tordrait par terre, gémissant et urinant abondamment en salissant ainsi un parquet vitrifié depuis peu. 

Mais je suis un humaniste, un grand coeur, un type foncièrement bon. Et puis, surtout, je veux garder un minimum de respectabilité sociale. Je veux rester dans le monde de MATTEL à travailler en costume Cerruti, chaussé de Wston ou de Berlutti, pour vendre des appartement de luxe et continuer à pratiquer le sexe avec de jolies barbies ! 

Alors comme un lâche, je n'ai pas frappé cet inconscient, je ne l'ai pas broyé à coups de poings vengeurs,  j'ai feinds,  j'ai mimé la stupéfaction ... j'ai nié être l'auteur de ce pathétique brûlot numérique. Puis j'ai copié collé tous ses textes et enfin, fermer le blog dans son ancienne adresse pour le restaurer sur celle ci.
Tous les textes sont restés mais j'ai perdu tous les textes que mes ex m'avaient "posto-amoureusement" écrit, tous les commentaires de "pré-fans" ou de visiteurs éberlués par le fait qu'un type comme moi soit encore en liberté.
 

Posté par Alban_ à 22:46 - zOneS d'OMBreS ]STORY[ - Commentaires [7] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

15 mai 2006

REVEIL D'ACIER

revedacierIl fait encore nuit, il fait nuit toute la journée depuis que la seconde guerre de l'acier a commencé, entraînant une vague de pollution sans précédent. Notre groupe de combattants humains attend avec appréhension la première vague d'assaut de la techno fondation de Kandhar.

Autour de nous, des amas de métal, des poutres métalliques, des débris de bâtiments composant d'énormes collines noircies par la violence des combats et de la pollution, ah cette pollution...
Notre commando est équipé de Mitz-9 fortement usagers mais toujours opérationnels. Des lances roquettes à visées aimant, équipés de têtes foreuses.
Mon Mitz-9 sur l'épaule, j'attends, j'attends tout comme mes huit compagnons que l'ennemi finisse son Ode à la Puissante Attaque, en fait un concert de sifflements stridents et de sons synthétiques mêlés, pour répandre une aura de terreur sonore auprès de tout ce qui vit organiquement.
Puis les masses métalliques se détachent des nuages de pollution, au loin pour se diriger vers nous. J'aperçois un Harkor-B, véritable titan d'acier se déplaçant lourdement sur deux tripodes. Ce robot de la taille d'un immeuble de dix étages fait trembler la terre noircie à chaque avancée. Il est la colonne vertébrale de l'attaque, le puissant vecteur de cette force sourde et mécanique.
Autour de lui, des Lyd-21, véritables pieuvres métalliques qui se déplacent au dessus du sol en de lestes ballets. Leurs dix tentacules ondoyants dans l'air leur confèrent une grâce certaine dans cet univers sombre et lourds mais, nous ne nous y fions pas, elles sont dangereuses et invulnérables au corps à corps. Nous en apercevons quatre en ligne de combat Alpha, il nous faut les abattre avant le contact.

J'arme mon Mitz-9 en prenant soin de brancher ma visée laser intégrée à mon œil droit synthétique. Je le cale sur mon épaule. Au loin, le son funeste des Koll, des drones de guerre de la Techno fondation utilisés pour bombarder les troupes humaines de billes d'acier à détonation différée. Le groupe hésite encore à faire front quand je leur crie le slogan libérateur :
« Pas d'humanité pour la machine !
Sens ton cœur qui bat quand le métal sombre t'impose sa loi !
Arme ton bras de chair, détruits la froide matière ! »

La troupe reprend en cœur le psaume, puis arme ses Mitz-9.
Il est temps de tirer, les Lyd-21 ne sont plus qu'à cinq cent méta-mesures.

Nous visons puis tirons : Une salve unanime strie la demi obscurité de traits verts fulgurants lancés vers les prestes pieuvres d'acier. La frappe touche deux tueuses mécaniques. Les deux autres esquivent en s'approchant rapidement. Elles dépassent le rideau de fumée provoquée par les explosions. Nous réarmons rapidement.

"Ennemi à deux cent cinquante mesures, à deux cent mesures, à cent cinquante..."

Nous armons, nous tirons le ballet vert fluo qui frappe en un trait mortel une des Lyd-21... mais la derniere tueuse a disparu dans la fumée...

"Où est la Lyd ? Où est la Lyd ? Utilisez vos scanners à visée aimantée !!! Où est la Lyd ?
Préparez vos sabres d'impact ! Vos scanners,...vos scan...."

Une douloureuse brulure me déchire l'abdomen avant que je puisse finir l'injonction... je baisse mon regard et j'aperçois la pointe perfide d'une des tentacules Lyd-21 continuer à me déchirer, la dernière, celle qui a contourné notre groupe pour se rapprocher prestement et venir derrière moi, en moi...

Biiiiiiiip – un son strident... me sort de mon sommeil.

P... de rêve !!!

Ma dream machine Sony après le son matinal du bip m'envoie « Another One Bites the Dust » le morceau des Queen qui commence la bande originale de mon film fétiche « Romanzo Criminale ».

Je ressens mon corps s'éveiller, mes pensées se mettent en place pour tracer le cours de ma vie présente et préparer mes actions du jour.

J'ai la délicieuse sensation de sentir mon sexe durci par l'érection matinale.
J'émerge puis je bouge peu à peu mes membres, j'ouvre grand mes yeux, je me lève.

La dream machine continue à distiller ses sons quand je commence mes exercices matinaux.
Une soixantaine de pompes, puis une quarantaine d'abdominaux puis des exercices d'assouplissement vont rythmer la séance.

Je me dirige ensuite vers la cuisine pour préparer mon petit-déjeuner.

Cinq pruneaux, cinq abricots, cinq dattes séchées accompagnés d'un morceau de Mozzarella puis de deux yaourts au Soja (Sojasun) composent mon repas.

Je me prépare ensuite un café nespresso. Je l'avale prestement avant de me diriger vers la salle de bain.

Je me brosse intensément les dents pendant deux minutes.

Je me rase minutieusement avant tout humidification de peau pour éviter toute coupure.
La peau lisse, je passe ensuite mon visage sous l'eau, puis mon corps sous la douche.

J'utilise alors un exfoliant signé Clarins pour enlever les impuretés ancrées sur mon visage.

Je savonne intensément ensuite mon visage avec un savon de Marseille puis l'ensemble du corps.

Je prend ensuite un gel douche Cerrutisi pour laver une seconde fois mon corps, de la tête aux pieds.

Je sors de la douche.

Face au miroir, je passe finalement un fluide hydratant signé Shiseido pour assouplir l'épiderme de mon visage. J'alterne chaque jour ce baume avec Age Fitness de Biotherm.

Je m'enduis de déodorant sans alcool Cerrutisi.

Je me coiffe. Puis je me m'asperge en deux jets légers du parfum Cerrutisi.

Je me dirige alors vers mon dressing pour choisir une chemise préparée la veille, avec un costume. J'aime principalement les griffes Cerruti et Boss.

J'enfile le tout en veillant aux importunes froissures menaçant ma tenue que je veux impeccable.

Puis je brosse mes chaussures, cirées la veille. Je ne mets jamais la même paire deux jours de suite pour en laisser respirer le cuir de l'intérieur et la semelle.

Je bois un second café en écoutant distraitement la musique finissante qui a brisé mon rêve d'acier.

Il est 8h20. Il est temps de partir.

Comme tout les matins de la semaine, le challenge commercial m'attend.

Posté par Alban_ à 09:02 - zOneS d'OMBreS ]STORY[ - Commentaires [38] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

09 mai 2006

ZONES D'OMBRE

barbie_hateLorsqu'un garçon rencontre une vénusienne, il a tendance à présenter une image avantageuse de lui-même. Il arrive plutôt élégant, les chaussures sont impeccablement cirées (important les chaussures !).
Le garçon a pris le temps de rentrer chez lui pour se doucher et se changer (puis il a mis sa chemise blanche à larges cols et son costume à paillettes). Il a aussi évité de manger des pruneaux après s'être lavé les dents (plus de deux minutes de brossage sont nécessaires!!!), les mains sont impeccables voire manucurées (nettoyer le tour des ongles après une journée en "atelier" est conseillé), le "boxer" est propre (on ne sait jamais...).

Il arbore le visage souriant du garçon cool mais dynamique, ouvert mais respectueux, sensible à l'autre mais maître de lui, séducteur mais naturel.

Et puis, il parle de son métier sans étaler vulgairement son niveau de revenus tout en l'évoquant indirectement à travers sa façon de vivre ; il parle de ses passions (mieux vaut aborder ce sujet si on est en fin de droit Assedic), de ses projets (important ça le futur), de ses goûts, de ses voyages (pour faire rêver)... Les sujets à éviter sont bien sûr les ex, les comptes rendus de soirées dans les clubs échangistes, le comptage des rencontres hard sur meetic, les problèmes de fisc, la politique, le gel de son augmentation de salaire depuis cinq ans ("ce garçon a-t-il un potentiel professionnel ?")... mieux vaut aussi éviter de larmoyer sur les expériences sentimentales douloureuses ou la dernière fois que notre manager nous a humilié en pleine réunion.
Et puis nous vivons tellement de choses formidables et positives, pourquoi évoquer le côté obscur : nos exploits en plongée sous-marine quand nous avons fait face à un requin tigre au large de Honfleur, le dernier championnat de beach volley gagné haut la main ou, des gains fabuleux générés sur un pari boursier risqué (sans indiquer le montant brut, ça fait vulgaire) sont autant d'anecdotes qui prouvent indirectement notre valeur dans ce bas monde.

Mais, au coeur du côté obscur, tapis dans les replis noirs de nos âmes, nimbés dans les zones d'ombre, il y a les sujets qui fâchent vraiment : Ceux que nous ne dévoilerons jamais, sinon sous la torture, parce que pas politiquement correct, honteux ou tout simplement ignobles.
Vous avez fait du tourisme sexuel en Thaïlande ? Vous avez éraflé une voiture garée sans laisser vos coordonnées au propriétaire ? Vous avez un passé de braqueur de banques ? Votre arrière grand-père était collaborateur ?

Mieux vaut éviter l'évocation de ce « type d'exploits » ... Certains, par provocation, peuvent se vanter de tels faits : c'est inutile ! Les filles peuvent aimer la finesse du second degré, légèrement grinçant mais, pas la lourdeur de la provo gratuite.

Et puis, entre le consensus actuel sur « le principe de précaution » et la peur de la précarisation, les fans de « bad boys », aventureux ou honteux, se raréfient.

Alors, je vais faire mon fier.

Puisque je suis planqué derrière mon ordinateur à vous écrire tout ça, puisque mes présentes ne lisent pas ce blog et, encore moins mes futures (en fait, j'envoie systématiquement sur ce blog, odieux et pathétique, les « contacts on line actuels» dont je veux me débarrasser : donc si tu es une fille, si tu es en contact avec moi depuis peu, si tu lis ceci, c'est que...), donc anonyme, à l'abri de tout regard, ni même identifiable par une photo, je vais pouvoir écrire en gras ce que j'ai d'inavouable :

- Adolescent, j'ai tué, sans remord, plus d'une cinquantaine de chatons pour en débarrasser la maison familiale (Eva et Zoé, les deux chattes n'étaient pas stérilisées).

- J'ai lu intégralement Mein Kampf et la bible satanique d'Anton Lavey. Mais n'étant ni aryen, ni fourchu des pieds, je n'ai jamais cautionné (quand même...).

- Je me suis fait sucer par un transsexuel, après une soirée arrosée au Banana Café.

- Je n'aime pas les films d'Almodovare

- J'ai passé trois mois à La Santé.

- J'ai trompé toutes mes ex, à une exception près.

Toutefois, par esprit facétieux, je n'ai glissé que trois affirmations véridiques parmi ce listing peu reluisant.

Et vous, quelles sont vos zones d'ombre ?

Posté par Alban_ à 22:52 - zOneS d'OMBreS ]STORY[ - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

06 mai 2006

JE COURS

Il y a cinquante minutes que je suis sur le cross trainer... la sueur coule en fines gouttes le long de mes tempes et de mes pommettes saillantes, rougies par l'effort.

Je cours et je sens mon corps entier tendu sous l'effort, je le sens fort, comme aiguisé par ma seule volonté : « Plus le corps est fort, plus il obéit ».

Je cours à un rythme égal, au son des musiques synthétiques et binaires diffusées par la sono d'une pièce voisine où des corps se tordent dans l'élan collectif du cours de pump-up.

Je cours et devant moi, dans la salle, des dizaines de personnes juchées sur des machines tendent et créent leurs muscles en de multiples mouvements asynchrones.

Je cours et, dans mon esprit, enhardi par la décharge massive d'endorphine, des images de gloire se bousculent. Je suis tour à tour aigle, empereur ou rock star. Je déclenche la foudre tel un dieu des ancien temps, je mesure trente mètres de haut, je suis un être de lumière devant lequel tous se prosternent...

Je cours en ce samedi après-midi, au Club Med Gym de la Porte Maillot, comme des centaines de personnes réparties dans les temples sportifs de la capitale.

Dans quelques minutes j'arrêterai de courir pour muscler avec méthode la partie supérieure de mon corps...

Posté par Alban_ à 18:48 - zOneS d'OMBreS ]STORY[ - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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