SEXetCOMMERCE

Vie professionnelle et sexuelle d'un agent immobilier dans le Triangle d'Or.

23 mai 2006

JE TE VEUX

chateauNeuilly Sur Seine, Avenue de Madrid, 10h45

Il fait beau, le soleil frappe de ses rayons euphorisant les rues arborées de la ville quand je marche avec entrain vers mon rendez-vous. Des sons de Makina résonnent sourdement dans mon crâne enflammé par les promesses commerciales de la journée.
Je marche d’un pas sur vers le boulevard Maurice Barrès où je dois, en compagnie de Muriel, « entrer » un appartement.
Dans le jargon immobilier, « entrer un appartement » signifie signer un mandat de vente avec son propriétaire afin de pouvoir le commercialiser auprès d’éventuels acquéreurs. C’est crucial pour élargir l’offre de l’agence et c’est surtout rémunérateur pour le commercial qui a entré le bien car les négociateurs immobiliers sont rémunérés à « la sortie d’un appartement », c'est-à-dire à sa vente, mais aussi « à son entrée ». Un commercial touche en effet un pourcentage de la commission liée à la vente d’un appartement qu’il a « entré » et ce, même si ce n’est pas lui qui l’a vendu.

En tant que Manager, je suis rémunéré pour mes ventes personnelles mais aussi sur le Chiffre d’Affaires généré par l’équipe.

Je rejoins Muriel devant une résidence située au centre du boulevard Maurice Barrès.
La propriétaire, une quinqua rédhibitoire, nous y a donné rendez-vous ainsi qu’à une négociatrice d’une autre agence, Annabelle.

Annabelle, est une jolie brune sportive, longue et élancée, de vingt-quatre printemps, avec qui je flirte gentiment depuis un mois. Nous avons pris pour habitude de nous saluer par un baiser sur la bouche à chaque rencontre, au grand étonnement des environnant qui pensent que nous sortons ensemble.

Nous montons dans l’appartement qui se situe au sixième et dernier étage de la résidence, un cent cinquante mètres carré avec toit terrasse. Tout est à refaire mais le lieu est sublime et puis, la vue de la terrasse est imprenable sur le bois de Boulogne, la Tour Eiffel et La Défense.
La vendeuse, une "vieille peau" qui a du faire son brunch dans un caisson à UV, a fixé un prix sidérant pour l’endroit : un million huit cent mille euros, soit plus de douze mille euros du mètre carré !!!

Laissant les deux filles et la propriétaire caqueter, je reste un moment seul sur le toit terrasse. 
Je fixe la ligne d’horizon au-delà de l’onde verdoyante formée par le bois, un vent léger souffle sur mon visage : une émotion ascendante envahit mon esprit, un sentiment puissant empourpre tout mon être et provoque une onde de frissons remontant le long de ma colonne vertébrale, une pensée, forte et audacieuse, dessine l’axe d’une impérieuse volonté : Il me faut cet endroit et je vais tout faire pour l’obtenir.

RESPECT  : -1

ALTRUISME : 0

NO SEX : 3 JOURS

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05 mai 2006

UNE JOURNEE DANS L'IMMOBILIER

Le sexe c'est bien mais il faut aussi du carburant pour alimenter ma nouvelle vie de célibataire. Le jour, je gagne donc ma vie en dirigeant une équipe de négociateurs en plein quartier St James... Mais la concurrence est rude dans le triangle d'or, il n'y a pas moins de soixante-quinze agences sur Neuilly.
Notre équipe sévit principalement sur les quartiers Longchamp, St James,  Bagatelle et Maurice Barres (oui Neuilly possède la particularité de nommer un de ses quartiers les plus en vue avec le nom d'un écrivain d'extrême droite...).

Nous sommes spécialisés dans le haut de gamme même si il nous arrive fréquemment de vendre des studio ou d'humbles deux pièces.

Une journée ordinaire...

8h45 : j'arrive à l'agence. J'aime arriver tôt. Déjà pour profiter du silence du lieu avant l'arrivée des commerciaux, ensuite pour préparer ma journée, le brief de l'équipe, les rendez-vous, lire les mails des clients, y répondre...et avoir un coup d'avance sur les concurrents qui arrivent pesamment vers 9h30 - 9h40 dans leurs agences respectives...

9h30 : rendez-vous rue Delabordère pour la visite d'un hôtel particulier. Le client, en retard, arrive dans sa Bentley flambant neuve. Il est retraité et conçoit la visite de biens immobiliers comme un passe-temps pour sortir de sa torpeur et de sa voiture... Nous passons une demi-heure dans l'hôtel; il y trouve de nombreux points négatifs. Il n'achètera pas, il n'est pas là pour ça : dans le jargon professionnel on appelle ça un « touriste ».

Je prend un café avenue de Madrid en regardant une beurette exquise qui vient chaque matin à la même heure, je lui souris en l'accostant... Mais il ne faut pas que je traîne. Je lui laisse ma carte en lui donnant rendez-vous pour le midi et je file boulevard Maurice Barres pour faire visiter un trois pièces – deuxième bâtiment au quatrième étage sans ascenseur... Le client, en retard, arrive avec sa maîtresse. Il a plus de soixante ans et se dit en procédure de divorce.
Il cherche à acheter non loin de chez sa maîtresse. Vendre un quatrième étage sans ascenseur à un sexagénaire n'est pas gagné d'avance, mais, je suis un bon commercial... Le propriétaire, au physique de serial killer, nous fait lui-même la visite... Le client ne flashe pas sur l'appartement.

11h00 : je rentre à l'agence pour surprendre l'équipe en train de glander. Une commerciale fait son shopping sur E-Bay, la seconde, au tel, règle ses problèmes de cul, un autre joue à Da Vinci Code sur le net, et, le dernier fait mine de chercher des clients à appeler dans la base de donnée (il était quand même sur msn deux secondes avant...). Je secoue le tout en demandant à faire le point sur les visites du jour...

Une dizaine d'appels plus tard, je reçois un couple qui cherche un rez-de-jardin sur Bagatelle. J'en ai un ça tombe bien ! Et, comme « par hasard », des clients ont fait une offre dessus, il y a deux jours... Je conseille donc à mes interlocuteurs de le visiter rapidement et de prendre une preste décision si il les intéresse... « Vous savez, les bons appartements partent vite au mois de mai ».

Nous programmons la visite pour vendredi.

13h00 : je pars à la rencontre de Nadia, la fille de ce matin. Nous déjeunons en terrasse. Elle est jolie, terriblement sexy et aguicheuse. Sa « brunitude méditerranéenne » me parle terriblement surtout après une longue période blonde...excitant de faire une vraie rencontre sans Meetic !

Bref, je la chauffe, tu es témoin, elle m'aguiche, nous nous plaisons, vous nous voyez, ils sont jaloux... Je la raccompagne vers sa golf, elle me demande de monter cinq minutes, nous nous embrassons ; j'adore sa langue à la fois pénétrante et douce. Je lui caresse la pointe des seins durcis par le moment.

Bon... extraction ! J'ai un job cet après-midi.

Nous nous donnons rendez-vous samedi après-midi chez elle...

14h30 : J'appelle une propriétaire dont l'appartement intéresse des clients : ils sont prêts à faire une belle offre. La propriétaire me répond « qu'elle a accepté et signé une autre offre ce matin !!! » Sans m'en parler. Sans m'en parler !!!! Sans se donner la possibilité de faire monter les enchères. Je garde mon calme face la connerie autiste de cette cliente...
Mais ma hargne monte, j'ai subi un échec commercial. Le téléphone raccroché, je jette prestement le combiné contre le mur, ce qui a pour effet de réveiller l'équipe, connectée à d'autres problématiques que la relance clients.

16h00 : je pars effectuer une estimation d'appartement. L'estimation consiste à donner un prix à un appartement visité sur la demande de client. C'est surtout l'occasion commerciale de conseiller au prospect visité de nous confier le mandant de vente car nous avons un client « qui recherche exactement ce type de bien ». L'exercice consiste toujours à être très positif sur le bien tout en trouvant des points négatifs qui permettent de l'estimer au prix le plus bas. L'appartement sent le vieux (c'est un cas de succession), la moquette, autrefois blanche, est immonde. Il est sombre malgré qu'il soit au quatrième étage...
Anyway, je donne un prix en faisant semblant de faire des exercices savants avec ma calculette.
La propriétaire acquiesce.

17h30 : après quelques coups de téléphone et deux, trois échanges de sms avec ma « conquête » de ce midi, je reviens à l'agence. Deux négos sont soi-disant en rendez-vous (avec le soleil) et la troisième continue à tchater : je la laisse faire car malgré son caractère lymphatique, elle est déjà à quarante-cinq mille euros de chiffre d'affaires pour le mois de mai.

Un client entre dans l'agence à 18h00. Il cherche un trois pièces dans le quartier St James. Je lui dit que j'ai exactement l'appartement stylé qu'il lui faut (il travaille dans la post-prod audiovisuelle)...une heure plus tard, nous sortons du fameux appartement stylé.
Il a eu le coup de cœur.
Il me fait une offre au retour dans l'agence : C'est ça la magie de l'immobilier.

Posté par Alban_ à 22:45 - BUsineSs ]STORY[ - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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