20 mai 2006
UN SAMEDI ORDINAIRE
Une journée de micro-évènements, simple succession de faits anodins sans suite, ni logique…
Je suis réveillé à 7h00 du matin par un sms de Laurent qui souhaite que je lui serve d’alibi pour sa soirée : il n’a pas passé la nuit dans le lit conjugal mais chez une rencontre blonde de Meetic. Je lui dis ok sans état d’âme même si j’apprécie sa compagne. C’est un ami d’enfance, quand même (Allez Laurent , raconte nous ton "one shot" !!!) !
Ma dream machine lance imperturbablement les musiques du film « Romanzo Criminale » qui bercent ma préparation du matin.
J’ai une matinée de travail. Je dois d’abord effectuer une visite d’appartement à Levallois, non loin de chez Céline, mon coup de jeudi soir. Cela tombe bien, j’y ai laissé ma ceinture Vuitton : La distraction est une véritable plaie chez moi, tout comme les problèmes de mémoire ; sans cela je serais une véritable « machine à gagner ».
Donc j’appelle Céline, où plutôt je la réveille en l’appellant pour lui indiquer que je passerai prestement après mon rendez-vous.
Le rendez-vous est long, très long : les clients, un jeune couple de cadres formatés, prennent du temps à visiter pour finalement me dire qu’ils ne sont pas enthousiasmés par le bien…
10h49 : je suis chez Céline qui me reproche de ne pas l’avoir contacté avant :
« En fait tu voulais juste baiser une fois, juste me baiser comme une pute…
- Pas du tout (mensonge) ! Tu sais nous sommes en Mai (vérité) et c’est un mois intense pour l’immobilier (vérité), j’avais beaucoup de travail hier (mensonge) et je voulais nous laisser un répit (très long)…
- Tu parles. Tu es encore pire que tous les autres qui eux, au moins, annoncent la couleur…"
Vingt minutes de réthorique plus tard, je suis dans sa bouche …
Nous faisons du sexe, c’est super hard, elle semble apprécier. Elle est beaucoup moins dans la retenue que l’avant nuit. C'est fluide et rythmé.
Moi j’aime tellement que je suis beaucoup moins tardif que jeudi soir. Nous "partons" presque de façon simultanée.
Mais la journée n’est pas finie et je suis vraiment en retard. J’ai douze minutes chrono pour me rendre à mon rendez-vous, rue Charles Laffitte à Neuilly.
Cette fois, j’ai pris ma ceinture.
J’effectue la visite de l’hôtel particulier avec brio malgré les commentaires débiles du propriétaire qui a tenu à être présent, pour « estimer » les possibles acquéreurs : un « fin de race » qui n’a jamais travaillé de sa vie et qui vend, un à un, les biens hérités pour entretenir son oisiveté crasse.
Les clients me disent qu’ils doivent réfléchir…
Je passe à l’agence et j’en profite pour checker mes mails. Je lis un « Scud » de Barbie The Slut qui m’incendie au sujet de mon « exploit sexuel » du 18 mai.
Elle me menace de mille fléaux : ruiner ma vie, piquer d’aiguilles ma poupée Vaudou, répandre un nuage de sauterelles dans mon appartement, me dénoncer à l’Assemblée intergalactique pour cette piraterie… je lui répond avec « zénitude », même si je la tue mentalement une bonne dizaine de fois… notre séparation prend une vilaine tournure, une « tournure salope ».
« Les histoires d’amour finissent mal, les histoires d’amour finissent mal, en général.»
Je retourne enfin chez moi, non sans avoir dragouillé deux minutes avec une voisine de l’agence, une grande et jolie asiatique revenue tout droit de Monaco que je soupçonne d’être escort-girl…
